
L'HIRONDELLE DE LA NUIT
C’est moi qui au début de l’histoire de l’homme
D’un coup de dents rageur ai mordu dans la pomme
J’ai assisté les loups dans leurs messes de sang
Je suis l’hirondelle de la nuit, je suis l’hirondelle de la nuit
Mes ailes membraneuses sont mon perfecto noir
Et quand j’étends les bras pour m’ouvrir à l’espoir
L’ombre de la méfiance tombe sur les royaumes
A l’heure où mes stridences déchirent le silence
Lorsque la cécité s’abat sur les cités
Du haut des tous d’ivoire dans le ciel je m’élance
Je suis l’hirondelle de la nuit, je suis l’hirondelle de la nuit
Le mauvais œil sur moi n’a plus aucun effet
Charmes et talismans s’envolent en fumée
Je chante les vertus des amours maléfiques
La pointe de mes ailes fend la robe du soir
Guidée par mon radar je traque le hasard
Les insectes imprudents l’apprennent à leurs dépens
Je suis l’hirondelle de la nuit, je suis l’hirondelle de la nuit
C’est moi qui au début de l’histoire de l’homme
D’un coup de dents rageur ai mordu dans la pomme
J’ai assisté les loups dans leurs messes de sang
Qui veut me posséder doit d’abord s’acquitter
Du baiser sanguinaire au goût d’éternité
L’amant devenu mien peut alors me combler
Dix mille bûchers hurlants jalonnent mon chemin
Et si vous cherchez après le dernier seuil
Vous me verrez assise à gauche du Malin
Je suis l’hirondelle de la nuit, je suis l’hirondelle de la nuit… |